• 27 mai 2013

Xbox One : Microsoft concrétise sa vision du Media Center

Microsoft a levé le voile mardi sur sa prochaine console de salon, finalement baptisée Xbox One. Si la partie gaming proprement dite restera l’apanage de nos voisins de JeuxVideo.fr, difficile pour Clubic de ne pas revenir sur les ambitions dévoilées par l’éditeur de Redmond en matière de multimédia et d’usages connectés.
 
On savait que le concept de media center a vécu chez Microsoft, qui a décidé d’investir le salon des particuliers à l’aide de ses consoles de jeux. La prochaine en date, baptisée Xbox One, témoigne de ces ambitions : centrée autour d’une nouvelle version du moteur de reconnaissance de la voix ou des mouvements Kinect, elle entend bien s’imposer comme la plateforme de choix non seulement pour les jeux, mais aussi pour la consommation de contenus et de services.
 

 
Applications et contenus au premier plan
 
Les dernières mises à jour de la Xbox 360 confirmaient déjà ce penchant : l’environnement de la Xbox One se rapproche plus que jamais de celui d’une box multimédia, ou pourquoi pas d’un ordinateur sous Windows 8, puisque l’on y retrouve le système de Tuiles désormais cher à Microsoft. Celles-ci mêlent jeux, fournisseurs de contenus (comme Netflix ou Hulu), TV en direct (au moins aux Etats-Unis) et applications, à commencer par Skype, le client de messagerie de l’éditeur.
 
Pour faciliter les usages partagés, la Xbox One se dote d’un affichage à écran partagé, qui permet d’afficher sur deux tiers de l’écran un programme (TV, VOD… ou même jeu 3D), tandis que le dernier tiers est dévolu à une autre application. De quoi donc passer des appels sur Skype, ou interagir sur les réseaux sociaux, sans sortir de son activité en cours, à la façon du Snap Mode de Windows 8. L’éditeur n’a pour l’instant pas détaillé plus avant le fonctionnement de la console, dont le système doit être capable d’isoler les différentes tâches susceptibles de tourner simultanément, histoire que les ressources demandées par l’une ne phagocytent pas, par exemple, la fluidité du jeu en cours.

 

Ces interactions s’étendront également au second écran, avec la possibilité de piloter depuis une tablette ou un smartphone une application complémentaire du programme en cours. Pour illustrer cette fonction (extension de ce que proposent déjà les applications SmartGlass pour Xbox 360), Microsoft prend l’exemple d’une application dédiée aux statistiques sportives, manipulée depuis un smartphone Windows Phone 8 pendant qu’un match est en cours de diffusion sur l’autre partie de l’écran. De quoi sans doute ravir chaînes de TV et groupes média qui, tous, planchent sur cette problématique de l’interactivité au sein des programmes.
 
Kinect au centre du système
 
Kinect, l’un des arguments phare de Microsoft, trouve logiquement une place centrale au sein de la Xbox One. Le dispositif, qui permet pour mémoire reconnaissance vocale et détection des mouvements, revient dans une nouvelle version qui semble avoir gommé le défaut principal de la précédente : la latence lors des interactions avec la console. Kinect sait désormais reconnaître l’utilisateur, de façon à automatiquement charger son profil au démarrage, mais aussi et surtout répond de façon bien plus immédiate aux appels, du moins dans les démos réalisées mardi par Microsoft. Les détails techniques n’ont pas encore été révélés, mais le Kinect nouveau fait appel aussi bien à un nouveau capteur qu’à un nouveau moteur de reconnaissance vocale.
 
Associé à la nouvelle interface, il permet de basculer instantanément d’une tâche à l’autre, de lancer les applications, etc. Microsoft promet en outre que le nouveau capteur vidéo, associé à une caméra 1080p utilisable pour Skype par exemple, est associé à un système optique grand angle, qui diminuera considérablement le recul nécessaire. Il assure enfin que les capacités de suivi sont considérablement enrichies, avec possibilité de suivre certains critères physiques (rythme cardiaque) ou de reconstruire la position de l’utilisateur (cartographie 3D de sa position basée sur l’image capturée) de façon bien plus fine.
 

 
Un hardware de mini PC… ou de très grosse box
 
Lignes anguleuses, boîtier noir, logo discret, la Xbox One fait dans le sobre pour ce qui est du boîtier. Les composants se veulent en revanche sans compromis, avec une configuration construite autour d’un Soc AMD à huit coeurs qui intègre le contrôleur graphique accompagné de 8 Go de mémoire vive (soit un choix a priori proche de celui adopté par Sony pour la PS4). La Xbox One, soi-disant plus silencieuse que la 360, embarque un disque dur de 500 Go, un lecteur Blu-ray, le WiFi Direct, ainsi que des ports USB 3.0. Le contrôleur associé évolue également, avec une quarantaine de modifications fonctionnelles et ergonomiques censées améliorer sa précision.
 

 
De quoi servir dans un premier temps le jeu vidéo proprement dit, avec comme chez Sony l’annonce d’une 3D sans précédent, dopée aux effets physiques temps réel. La console sera soutenue par line up solide, constitué notamment de titres EA Sports (dont FIFA 14, UFC et Madden), d’une exclu signée Remedy (Quantum Dream), mais aussi et surtout de productions maison, à commencer par Forza Motorsport 5. Microsoft annonce également l’exclusivité temporaire sur les contenus téléchargeables (DLC) qui seront associés au futur Call of Duty, ainsi qu’une nouvelle série TV découlant de l’univers Halo, produite par Spielberg et dopée aux fonctionnalités « connectées ».
 
Précision bienvenue apportée par Don Mattrick : la console n’aura pas besoin d’être reliée à Internet en permanence, même si les usages associés seront évidemment encouragés, du partage de replays aux fonctions sociales traditionnelles. Microsoft évoque à ce sujet le nombre de 300 000 serveurs dédiés au Xbox Live dans le monde.
 
Si le jeu reste pour beaucoup la vocation première d’une console de salon, Microsoft confirme, comme Sony avec la PS4, le parti pris qui est de considérer autant la Xbox comme une console que comme un centre de divertissement et de consommation de contenus. Les premiers arguments avancés par Microsoft tournent d’ailleurs entièrement dans cette direction, avec la promesse d’un vrai multi-tâche et d’un accès instantané à ses contenus préférés. La Xbox One sera lancée avant la fin de l’année, à un prix encore non communiqué. Dans un camp comme dans l’autre, une chose est sure : il ne s’agit plus uniquement de jouer.
 
Le salon E3, début juin, devrait voir de plus amples révélations, notamment chez Sony qui pour l’instant n’a pas encore dévoilé toutes les cartes de la PS4.

 

Source : Clubic

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